Tirer un trait sur le passé ? [Hermione, Drago]

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Tirer un trait sur le passé ? [Hermione, Drago]

Message par Drago Malefoy le Ven 27 Oct - 13:21

« Le grand secret pour n'être pas sensible à la perte est de ne s'attacher à rien. »

La bibliothèque était très calme, ce soir-là, très peu d’élèves travaillaient encore sur leurs devoirs, la plupart descendus à la Grande Salle pour le repas du soir ou dans le parc pour profiter un peu des derniers jours de beau temps, avant l’automne qui approchait. Drago avait mangé très rapidement avant de venir ici, certain de s’y retrouver seul ou presque, et mener ses recherches tranquillement. Depuis début septembre, le jeune homme était devenu encore plus solitaire que d’habitude, si c’était possible. Ce n’était même pas cause des remarques, des réflexions ou des insultes, ça non… Il avait appris à ne plus y faire attention, beaucoup aidé en ça par son apprentissage de l’occlumancie. Cet art qui l’avait aidé en sixième année puis littéralement sauvé la vie à plusieurs reprises face à Voldemort et face à sa propre tante, l’année dernière, l’aidait aujourd’hui encore à claquemurer son esprit et à faire face aux autres sans trop se laisser atteindre. Reléguer les sentiments comme les souvenirs était d’une importance vitale pour ne pas devenir cinglé et cet entraînement quotidien l’aidait beaucoup. Aujourd’hui, il réalisait aussi à quel point la pratique de cet art avait dû aider Rogue. On vivait quand même un peu mieux lorsqu’on savait contrôler ce qu’on ressentait.

Par ailleurs, Drago ignorait toujours où son professeur avait été enterré et ne voyait toujours aucun moyen de le découvrir, sinon peut-être en se rendant au Ministère et en espérant que quelqu’un là-bas accepte de lui répondre… Ce n’était pas dans le but de relancer un quelconque culte des mangemorts ou il ne savait quoi, comme la plupart pourraient penser, il voulait juste… Lui dire au revoir et le remercier. Rogue avait beau avoir été un assassin et un criminel, il avait beau avoir été l’un des plus fidèles mangemorts du mage noir, il lui avait quand même sauvé la vie et celle de sa famille, face à Voldemort, en juillet, après la mort de Dumbledore. Drago regrettait de n’avoir jamais rien pu lui dire à propos de ça lorsqu’il était encore en vie, si ça pouvait être « rattrapé », en quelque sorte, il voulait le faire. Tout à ses pensées, il s‘arrêta un moment pour observer les rayonnages et les centaines de livres, une main serrée sur la bandoulière de son sac et l’autre effleurant les reliures des livres, du bout des doigts. Il se trouvait dans la section consacrée à l’étude des moldus, ce qui ferait sûrement bondir ses parents d’indignation s’ils savaient ça… Bah, peu importe. Il voulait juste se renseigner, il n’y avait pas de mal à ça, non ?

Il sortit un des livres au hasard, s’appuyant ensuite contre le rebord en pierre de la fenêtre, au bout de l’allée, pour le feuilleter. Ça concernait la médecine moderne des moldus, ce qu’ils utilisaient au quotidien pour se soigner, dans un premier temps, puis les remèdes plus compliqués, dans un autre chapitre, à long ou à court terme. Drago fut très vite perdu dans les noms compliqués des médicaments et s’arrêta d’abord sur les remèdes « simples », histoire d’être sûr de comprendre. Les sirops, finalement, ce n’étaient que des potions, faits aussi avec des plantes et d’autres trucs que les moldus mettaient dedans, des machins… chimiques, comme ils disaient, faits en laboratoire. C’était moins, plus ou autant efficace ? Il s’assit un peu mieux sur le rebord et tourna une autre page, tout en mordillant légèrement le bout des lèvres. Il savait déjà que les moldus, autrefois, préparaient leurs médicaments exactement comme les sorciers puis avaient peu à peu changé pour des trucs plus modernes, pour eux. Astoria lui avait dit qu’on trouvait pourtant encore des apothicaires, dans le monde non magique, plus ou moins selon les régions du monde. Il se demandait où elle avait appris ça, sa famille était pourtant comme celle de Drago.

Au bout d’un long moment, il tint le livre ouvert entre ses mains, contre ses genoux, puis releva le regard pour le porter vers le dehors. Que pouvait-il faire ? L’envie de pouvoir parler de tout ça et de ce besoin de changement à quelqu’un le tenaillait de plus en plus, parler vraiment, sans crainte, sans peur du jugement. Mais qui pourrait écouter … ? Pas ses parents, en tout cas, c’était certain, ils refusaient de comprendre que cette guerre était venue par la faute de ces idées sur la pureté du sang. Sinon… Drago fronça le nez en réalisant qu’à part eux, il ne voyait personne qu’il considérait comme vraiment proche. Pas assez, en tout cas, pour parler de ce genre de sujets. Il y avait Astoria, bien sûr, mais il ne voulait pas la fatiguer avec ses histoires et n’était pas sûr non plus qu’elle veuille les entendre. Se bougeant un peu, Drago referma le livre puis alla le ranger à sa place, soupirant longuement en se frottant un peu le front. Qu’est-ce qu’il fichait là … ? Il perdait son temps, ce n’était pas dans la bibliothèque qu’il allait trouver plus de réponses et encore moins quelqu’un pour parler et comprendre. Il ferma les yeux un petit instant puis fit le vide, comme lui avait appris sa tante Bella, concentré pour chasser le surplus, la fatigue, rendre ses pensées aussi lisses qu’un doux lac, sans vent pour en caresser la surface.

Un instant plus tard, il remit son sac sur ses épaules puis quitta la bibliothèque, abandonnant vite l’idée de « vider son esprit, se concentrer, etc. Il n’y parvenait pas assez pour le moment. En sortant, il croisa d’autres élèves partant vers la Grande Salle pour manger, bavardant et riant fort, qu’il évita pour filer de son côté, sans but précis. Occupé à lister mentalement les personnes vers qui il pourrait se tourner, il marcha sans regarder où il allait, avant de finalement s’arrêter dans un petit couloir du sixième étage, près d’une fenêtre donnant sur le parc. Accoudé contre le rebord, il observa les quelques élèves dehors, la forêt, le soir tomber avec lenteur. Les mêmes noms revenaient sans cesse… Sa mère, si elle arrivait à dépasser ses préjugés – tâche presque impossible –, Astoria et voilà tout. Il aurait pu, sinon, se confier à Faddey, s’il n’avait pas été tué par Bellatrix l’année dernière… Le journaliste de la Gazette du Sorcier avait été proche de leur famille, jusqu’au jour où il n’avait pas pu plus en supporter sur les mangemorts et avait protégé une famille de nés-moldus, ce qui lui avait valu d’être tué par la dingue lui servant de tante. Drago serra les dents en y repensant, sursautant à moitié en entendant ensuite un bruit non loin. Tournant à moitié la tête, il aperçut Granger, sans doute en plein milieu d’une ronde.

– Ah, c’est toi. Salut.

Il reporta presque aussitôt le regard vers la fenêtre, à la fois pour ne pas montrer son état d’esprit et à la fois parce qu’il n’arrivait plus à regarder Granger en face sans repenser au jour où la cinglée l’avait fait autant hurler de douleur chez eux. La torture, c’était comme tuer, il fallait avoir perdu son humanité pour l’apprécier… Voldemort l’avait obligé à torturer Rowle, pour le punir de son échec, et Drago en était encore malade. Et ce jour-là, comment aurait-il pu s’opposer ? Il plissa un peu les yeux, le coude appuyé contre le rebord de la fenêtre, en se demandant s’il devait dire à Granger qu’il était désolé pour ce que lui avait fait Bellatrix. Il doutait qu’elle ait envie de se rappeler ça, elle aussi. De toute façon, il ne savait pas comment aborder le sujet, il avait plutôt envie de tout oublier, si c’était possible. Ou bien remonter le temps et changer certaines de ses actions.

– Pourquoi être revenue à Poudlard ? demanda-t-il en lui jetant un coup d’œil. Je pensais que intégrerais directement le Ministère. Ou que tu y deviendrais juge.
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Re: Tirer un trait sur le passé ? [Hermione, Drago]

Message par Hermione J. Granger le Dim 29 Oct - 15:00

Quelles que soient nos difficultés et si insurmontables
qu’elles paraissent, nous devons persévérer avec courage
et patience pour ouvrir notre cœur, pardonner et entrer
en contact avec notre immense capacité à aimer.

– Principe bouddhiste


Il subsistait une ambiance étrange au sein de cette école depuis cette bataille finale. Les stigmates étaient toujours visibles sur les murs, dans certaines sections du château. Lord Voldemort avait été anéanti, mais son esprit et celui de la guerre empêchaient toujours les élèves à panser leurs blessures et à se reconstruire. Une forme de magie s'était éteinte : celle de l'insouciance et de la jeunesse. A Poudlard, on pouvait y apprendre des tas de choses, mais pas à devenir un citoyen. Le problème n'était pas seulement venu des coeurs, de la misère et de la corruption, de cette décadence installée depuis longtemps ni des créatures maléfiques qui auraient tôt fait de tout détruire, mais de la famille. « Jeunesse, lève-toi... », s'était vu espérer une Hermione auréolée d'une gloire qu'elle n'avait pas souhaitée et qui faisait déjà son lot d'admirateurs, de jaloux, de mauvaises langues et d'indifférents. Les jeunes l'observaient, elle et Neville, comme des héros, des modèles à suivre, mais il subsistait quelque-chose de dérangeant à l'idée de profiter d'une célébrité, certes méritée, mais qui aurait pu vite leur monter à la tête.

Beaucoup d'anonymes étaient morts, un certain nombre allaient être honorés du statut de "juste" pour avoir oser résister passivement ou activement, pour avoir protéger des nés-moldus, des individus recherchés ou des résistants. Certains parmi eux avaient joué un plus grand rôle, comme le Professeur Rogue, mais écartés de toute reconnaissance, de cette gloire qu'ils auraient mérités. A ses yeux, la lionne n'avait pas été une héroïne, mais entourée par eux. L'honnêteté l'incitait à faire preuve de davantage d'humilité et de respect. Parce que quelle que fusse leur mérite personnel ou collectif, ces résistants avaient toujours reçu de l'aide ou bénéficier d'une chance insolente. Aujourd'hui, Hermione, comme Harry et Ron, étaient courtisés par la Gazette du sorcier, Sorcière-hebdo, par des commerçants, des anonymes et des individus puissants, y compris de l'étranger. Une Pottermania était en train d'apparaître au Royaume-Uni, avec son lot d'offres commerciales et d'autres plus ou moins douteuses et liées à la pègre.

La Préfète-en-chef n'avait pas astiquée son insigne en jubilant de plaisir, en se mentant à elle-même en pensant, comme ces prédécesseurs sous l'ère des Carrows, qu'ils avaient rendus service aux autres en assumant cette fonction "parce qu'ils n'avaient eu pas le choix". Combien de collaborateurs, de fonctionnaires et d'individus influents, avait-on entendu justifier l'injustifiable ? Qu'avaient-ils fait sinon avoir été opportunistes, sans suite dans leurs idées ? Dorénavant, ces élèves qui pensaient avoir choisi le moindre mal se retrouvaient exposer à la vindicte populaire, à des représailles que ni les professeurs ni le Ministère actuel n'étaient en mesure d'empêcher totalement. La rancoeur était telle que la nomination d'Hermione et de Neville avait aussi été un moyen de rétablir dans l'honneur l'âme des Préfets et celle de l'école. Les représailles, elles, avaient déjà commencées. Les élèves de Serpentard, entre autres, se retrouvaient dans une position délicate, isolée. Accomplissant son devoir avec autorité, mais tempérance et droiture, la lionne ne s'était pas attardée, elle non plus, lors du dîner servi dans la grande-salle. Refusant tour à tour les autographes, ne prêtant aucun intérêt aux regards insistants, Hermione trouvait l'ambiance encore plus pesante que cette tranquilité revenue et cette insouciance qu'elle lisait dans le regard et l'attitude des premières années. Il y avait là dehors toujours des menaces, prêtes à bondir, à retrouver une force qu'ils avaient perdues avec pertes et fracas. Qu'allait-il se passer dans les prochaines semaines et les prochains mois ? Le Gouvernement provisoire avait maintenu l'état d'urgence, on entendait dire que la Confédération Internationale des Mages et Sorciers allait débattre d'une mise sous tutelle qui aurait tout d'une autre occupation. L'économie peinait à redémarrer, les investisseurs doutaient, les gens voulaient épargner tandis que Gringotts souffrait d'un manque de personnel compétent. Les gobelins réclamaient justice et de nouveaux droits, promettant une révolte. Les elfes... Quelqu'un avait-il songé aux elfes de maison, aux Centaures et aux Êtres de l'eau ??

Dans un petit couloir du sixième étage, la Préfète-en-chef s'était engouffrée, baguette à la main ; une baguette en bois de vigne qu'elle avait du abandonner au Manoir des Malefoy quelques mois auparavant, après avoir été capturée avec Harry et Ron puis torturée. Une maison, d'ailleurs, dans laquelle elle ne souhaitait plus y mettre les pieds. Hermione avait empêchée un petit groupe d'élèves de s'en prendre à des premiers années de Serpentard, innocents. Face à leurs protestations, elle avait utilisée un sort qui avait déclenché un BANG qui avait raisonné et qui leur avaient rappelé que la sorcière en face d'eux était en mesure d'employer une force mesurée si elle s'avérait nécessaire. Puis, en chemin, elle avait aperçu Drago Malefoy, étrangement solitaire, assis sur le rebord d'une fenêtre. A quoi pensait-il, à cet avenir "prometteur" que son accointance avec les mangemorts aurait pu faciliter, à la fonction qui aurait été la sienne si l'Ordre du Phénix ne l'avait pas emporté ?

– Ah, c’est toi. Salut.

Hermione était restée figée, sa baguette pointant vers le sol, dans le prolongement de son bras. Il y avait à peine quatre mois, Drago était un mangemort qui avait lancé contre elle un sortilège de mort qui l'avait râtée, qui avait insisté impuissant à sa séance de torture en compagnie de sa tante, cette pauvre cinglée. Salut ?! Haussant les sourcils avec perplexité, elle n'avait pas su quoi lui répondre sur l'instant, parce qu'on ne faisait pas face à un ancien ennemi, un garçon qui ne l'avait jamais porté dans son coeur et qui avait causé tant de soucis à ses meilleurs-amis et qui avait été membre de la Brigade Inquisitoriale, pour évoquer avec lui "le bon vieux temps", comme si tout cela...

- Salut... Voilà bien la première fois que nous nous montrons courtois l'un envers l'autre, n'est-ce pas... , lui répondit-elle en se pinçant la langue afin de ne pas lui lancer une réplique acerbe à propos de ses parents ou de ces théories fumantes à propos des statuts de sang.

Cela l'avait un peu amusée, mais elle n'en avait rien montrée. La situation était trop sérieuse et elle n'avait pas en face d'elle quelqu'un qu'elle appréciait particulièrement ni quelqu'un avec lequel elle éprouvait l'envie de lui faire du mal. Elle aurait pu l'enfoncer, creuser un peu plus ce fossé entre eux, mais elle n'en ferait rien. Hermione n'avait pas non plus envie de le croire. Fut un temps, il aurait jubilé à l'idée que son père ou lui-même avait en sa possession un pouvoir qu'ils n'avaient pas, jusqu'à s'en vanter. Elle, elle était plus embarrassée. Elle n'avait pas voulu bénéficier de passe-droit. Drago avait détourné le regard. La lionne ne s'était même pas demandée s'il avait éprouvé du plaisir à l'idée de l'avoir vu souffrir et sur le point de mourir. Il l'avait tellement souhaité et pourtant se retrouver face au fait accompli c'était autre-chose, n'est-ce pas ? On ne pouvait se résoudre à tuer et à faire du mal en sachant qu'on avait en face de soi quelqu'un qui aurait pu être... lui...

– Pourquoi être revenue à Poudlard ? demanda-t-il en lui jetant un coup d’œil. Je pensais que tu intégrerais directement le Ministère. Ou que tu y deviendrais juge.

Il ne comprendrait peut être pas comment elle avait su résister, pourquoi elle s'était préparée à mourir ni les démons qui sommeillaient en elle et qu'elle maintenait enchaînée loin dans son esprit. Elle n'était ni occlumens ni légilimens, mais elle en savait assez pour savoir que l'occlumancie permettait de résister aux influences et aux intrusions extérieures, à dissimuler ses pensées et ses émotions. Cela ne vous rendait pas pour autant insensible. Mais s'agissant de magie noire, le prix à payer pour s'endurcir revenait à être torturé jusqu'à ce que l'esprit se montre plus fort, plus enclin à cloisonner. La légilimancie, son corrolaire, lui, permettait d'organiser ses pensées, de les extraire, de les modifier, de les protéger d'une autre façon. Hermione avait envie de suivre les traces du Professeur Dumbledore et du Professeur Rogue sur ce plan là, car cela s'avérait utile en politique et de manière générale.

Mais l'absence d'émotions, retirer à son esprit ces choses qui faisaient qu'on était soi, ça non. Cela n'aurait plus rien d'humain. Le Professeur Rogue ou même Tom Jedusor avaient été des occlumens accomplis, l'un plus doué que l'autre. Mais son apprentissage avait un effet pervers sur ceux qui s'enfonçait toujours plus dans la magie noire, chez ceux qui endommageaient leurs âmes. Dumbledore, lui, au travers de ses lunettes en demi lune et de son air bienveillant, lui avait montré que l'on pouvait être un occlumens accompli et rester humain. Même elle qui ne l'était pas aurait pu conseiller à Drago de se montrer prudent. L'aurait-il écouté, rien n'en était moins sûr... Mais oui... Elle était l'une des rares à savoir qu'il était occlumens, à cause des souvenirs qu'Harry avait vu et qui leur avait expliqué, sans leur montrer, par respect pour la mémoire du Professeur Rogue et Hermione n'avait pas insisté.

- Je suis revenue pour te rendre la vie impossible, c'est évident, non ?, lui répondit-elle, amusée, en ricanant. Et puis, elle avait retrouvée très vite son sérieux habituel. Plus sérieusement, non... Je suis revenue parce que des gens pensaient que d'autres n'avaient pas le droit d'étudier la magie et de devenir des sorciers accomplis, parce que j'ai le sentiment que je serai utile pour donner l'exemple, pour avoir une influence sur ce sentiment anti "sang-pur" et anti Serpentard qui se développe... ,lui répondit-elle sans trop réfléchir, avec honnêteté. Elle marqua une pause. Tu es libre de penser que je flatte mon égo en ayant acceptée cette fonction, mais le bruit que tu as surement entendu venait de moi en train d'empêcher des élèves de s'en prendre à des premières années de ta maison... Tu sais, comme moi, que même parmi les Préfets il y en a qui ont envie de se venger. Seulement, je suis là et Neville aussi, même si j'imagine que ton envie de te moquer de lui doit être puissante... Nous ne laisserons pas cette vindicte s'installer, parce que nous n'aurions alors rien appris, tu saisis ?

Elle avait marqué une pause en le regardant d'un air déterminé et puis elle avait soupiré et détourner le regard.

Je vais te laisser tranquille... Je ne suis pas là pour t'espionner ou pour te dire de dégager. En tout cas... , elle avait fait mine de s'éloigner un peu. A présent, elle se trouvait de dos par rapport à lui. Sache que j'ai l'intention de témoigner en ta faveur devant le Magenmagot et qu'Harry a l'intention d'en faire de même, y compris pour ta mère. Nous ne pourrons éviter ce qui se passera pour ton père, mais il l'a bien cherché. Par contre, avant de te laisser, j'ai envie de te dire qu'à Poudlard une aide sera toujours accordée à quiconque en fera la demande. Et j'aurai envie d'y ajouter : à quiconque la mérite... Mais si tu crains que les gens ne se moquent de toi ou ne te prenne en pitié, moi j'ai envie de t'offrir une seconde chance, quelqu'un à qui parler, à cause de ce que tu as fait, ou plutôt, de ce que tu n'as pas fait...

Elle faisait référence au fait que lors de leur capture, il avait menti en prétendant ne pas les reconnaître. Il n'avait pas appelé le Seigneur des Ténèbres lorsqu'on lui avait demandé de le faire. Il n'avait pas vraiment résisté lorsque Harry s'était emparé des baguettes entre ses mains et il n'avait pas assassiné Dumbledore alors qu'il aurait du le faire... Tout cela lui valait un petit coup de main, non ?

Le Professeur Rogue est un héros à qui nous devons beaucoup... J'étais là lorsqu'il a rendu son dernier souffle... On se retrouve parfois obligé de faire des choses, avec ce sentiment d'être prisonnier d'une situation à laquelle on aimerait échapper. N'est-ce pas ? Moi, je suis une née-moldue qui n'avait pas envie de bénéficier d'un passe-droit, qui estime qu'elle serait un bien mauvais juge si l'on remettait entre ses mains la vie de gens qui ont tenté de la tuer. Sur ce, je te souhaite le bonsoir et une bonne nuit. Il te reste une heure avant le couvre-feu...

Et elle s'était un peu éloignée. Elle avait eu quatre mois pour y réfléchir. Drago chercherait-il à poursuivre cette conversation, à aborder ce qui embrumait son esprit tourmenté, à se confier à la personne la plus improbable qui soit ? A l'heure du choix, chacun était libre...


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Re: Tirer un trait sur le passé ? [Hermione, Drago]

Message par Drago Malefoy le Dim 29 Oct - 18:57

Il y a peine quelques mois, Drago n’aurait même pas songé, tout simplement, à adresser la parole à Granger pour autre chose que l’insulter ou la rabaisser, elle avait raison sur ce point, qui l’aurait cru ? Et il ne pouvait même pas se l’expliquer lui-même, pas plus qu’il ne pourrait dire pourquoi il lui posait cette question aujourd’hui. Après tout, ce qu’elle pouvait bien faire maintenant ou par la suite, quelle importance, à ses yeux ? Il ignorait même si elle comptait vraiment faire carrière dans la Justice, c’était juste un fait qui lui semblait naturel, elle avait bien défendu son truc pour les Elfes de maison, la SAULE ou la SELLE, il ne savait plus, il avait entendu ça il y a déjà un moment. Ou peut-être pas si longtemps que ça, c’était comme s’il ne s’était passé juste deux ou trois ans depuis les « années calmes » mais plusieurs années, des dizaines d’années, même. La distinction était importante à faire, entre les années où Voldemort n’était qu’une ombre lointaine dont on ne voulait pas se remémorer la puissance et les années où il avait bel et bien été de retour, diffusant sa haine sur tous les esprits. Il avait fallu une telle guerre pour comprendre à quel point il avait passé sa vie à croire des principes fumeux et qui n’amenaient qu’au sang. La haine attire la haine… Drago lança un bref regard à Granger, toujours appuyé contre le rebord de pierre, en se demandant toujours s’il devait lui parler ou lui dire désolé. Ou s’il ferait mieux, pour éviter moqueries ou rejets, d’enfermer tous ces sentiments à double-tour au fin fond de son cœur et en jeter la clé. Le jeune homme commençait à penser que ce serait plus simple, pour lui et tout le monde.

– Je suis revenue pour te rendre la vie impossible, c'est évident, non ?, lui répondit-elle, amusée, en ricanant. Plus sérieusement, non... Je suis revenue parce que des gens pensaient que d'autres n'avaient pas le droit d'étudier la magie et de devenir des sorciers accomplis. Je suis revenue parce que j'ai le sentiment que je serai utile pour donner l'exemple, pour avoir une influence sur ce sentiment anti "sang-pur" et anti Serpentard qui se développe...

Pour donner l’exemple, il voulait bien y croire, pour empêcher les rancunes, nettement moins. On pouvait avoir toute la volonté qu’on voulait, repousser des idéologies s’installant en masse dans les cœurs et les âmes n’était pas évident. La guerre venait de le prouver, après tout, tant de personnes avaient été convaincues du bien-fondé des idées de Voldemort et il avait fallu un si grand nombre de morts pour que cela cesse enfin, en plus de la disparition du plus grand mage noir de ce siècle. Il hocha vaguement la tête en guise de réponse, tout en continuant de mordiller légèrement le bout de son ongle, une sale manie prise l’année dernière lors des moments de solitude où le stress devenait trop important pour être supporté. La situation peinait quelque peu à s’intégrer comme bien réelle, dans son esprit, les habitudes avaient la vie dure et il ne pouvait juste plus détester Granger comme il y a  juste un an. On lui avait appris à mépriser les moldus, à détester les nés-moldus, à les considérer comme inférieurs, des sous-êtres qui ne devaient que se plier aux autres et n’avaient aucune fierté. Pour quel résultat ? Le retour d’un mage noir à la puissance inimaginable, qui avait torturé son âme pour se plonger si profondément dans l’étude des plus sombres pratiques qu’il en avait perdu toute humanité. Qu’aurait pensé le Fondateur de leur maison en voyant cette descendance ? Même s’il n’était pas non plus réputé pour apprécier les nés-moldus, il n’avait jamais commis de massacres de masse et avait quitté l’école comme les autres ne partageaient son point de vue. Par ailleurs, Serpentard avait vécu dans un contexte de guerre entre moldus et sorciers, ce qui expliquait d’où venait sa colère et sa méfiance. Salazar Serpentard avait promu l’ambition, la fierté, la ruse et l’individualisme, rien chez lui n’aurait pu le pousser à accepter d’ouvrir l’école aux enfants de ses ennemis.

– Tu es libre de penser que je flatte mon ego en ayant acceptée cette fonction, mais le bruit que tu as sûrement entendu venait de moi en train d'empêcher des élèves de s'en prendre à des premières années de ta maison... Tu sais, comme moi, que même parmi les Préfets il y en a qui ont envie de se venger. Seulement, je suis là et Neville aussi, même si j'imagine que ton envie de te moquer de lui doit être puissante... Nous ne laisserons pas cette vindicte s'installer, parce que nous n'aurions alors rien appris, tu saisis ?

– Sans doute mieux que tu ne penses. Tu n’entends pas les conversations, le soir, dans notre Salle Commune.

La vindicte en question avait provoqué un effet plutôt inattendu, à Serpentard, que Drago observait s’épanouir depuis début septembre avec du mal à y croire. Là où la fierté personnelle et la solitude avaient toujours primé comme valeurs sûres et fortes pour s’en sortir, un nouveau sentiment venait doucement de s’emparer de chacun, chez les verts et argents, l’entraide. Plus particulièrement chez les plus jeunes, premières, deuxième et troisième année, ils se serraient bien plus les codes que leurs aînés, qui eux avaient tendance à s’isoler ou à ne compter que sur eux-mêmes, exactement comme Drago le faisait, ou tâchait de le faire plutôt, en ce moment. C’était assez étrange de voir ça et le soir, la plupart des conversations tournaient autour de ce sujet, la façon de bien vivre sans laisser pour autant les autres cracher sur leur maison et s’entraider pour mieux apprendre, se protéger et progresser. Il baissa un peu la tête, pendant que Granger soupirait et avançait un peu dans le couloir, lançant qu’elle n’était pas là pour l’espionner ou le faire dégager. Trop aimable. Il ne partirait pas, de toute façon, il n’avait pas envie de fuir. Et pour aller où ? Poudlard, même encore à moitié en ruines, était un endroit plus réconfortant que ne l’était sa maison, où des personnes avaient été enfermées, torturées et tuées. Chaque fois qu’il s’y rendait, il entendait encore Bellatrix rire comme une cinglée en lançant le sortilège de la mort. Ou hurler, rire, complètement possédée.

Pourtant, preuve encore que chez chacun, à part Voldemort, il pouvait rester une part de lumière, qu’elle soit infime ou non, Bellatrix avait elle aussi prouver que de son cœur noirci filtrait un très mince filet de clarté. Elle l’avait, à sa manière, protégé en lui apprenant l’occlumancie et lui avait aussi fait travailler sur son endurance physique et mentale. Elle avait sincèrement aimé sa petite sœur, Narcissa, et l’avait suivie lorsque cette dernière avait été demandé de l’aide à Rogue, même si elle haïssait ce dernier et ne lui vouait aucune confiance. Sa mère lui avait raconté toute l’histoire, en juillet… Bellatrix avait tenté de la convaincre puis, voyant que c’était chose impossible, avait aidé sa sœur en poussant Rogue à prêter le Serment Inviolable. Puis au manoir, lors de cette année terrible, sa tante avait même eu, parfois, des gestes d’affection, lorsqu’elle était plus calme et surmontait la folie lui rongeant les sens. Drago avait des exemples assez extrêmes, néanmoins, c’était grâce à eux qu’il était convaincu que chacun pouvait dissimuler une part de lumière. Parce que tout le monde avait quelqu’un à protéger… C’était cela qui avait fait défaut à Voldemort, il n’avait jamais aimé qui que ce soit, ça l’avait rendu inhumain. Le jeune homme détacha son regard de la fenêtre et se retourna, regardant à nouveau Granger. Au fond, de ce qu’il était le plus jaloux, c’était de la relation qu’elle avait avec ses deux amis. Il ne l’avouera peut-être jamais à haute voix, sauf circonstances exceptionnelles, car ce serait aussi avouer qu’il n’avait pas réussi à se faire de vrais amis.

– Sache que j'ai l'intention de témoigner en ta faveur devant le Magenmagot et qu'Harry a l'intention d'en faire de même, y compris pour ta mère. Nous ne pourrons éviter ce qui se passera pour ton père, mais il l'a bien cherché. Par contre, avant de te laisser, j'ai envie de te dire qu'à Poudlard une aide sera toujours accordée à quiconque en fera la demande. Et j'aurai envie d'y ajouter : à quiconque la mérite... Tu n'as plus d'amis ici, mais si tu crains que les gens ne se moquent de toi ou ne te prennent en pitié, moi j'ai envie de t'offrir une seconde chance, quelqu'un à qui parler... A cause de ce que tu as fait, ou plutôt, de ce que tu n'as pas fait...

Quoi … ? La bouche de Drago se décrocha complètement sous l’effet du choc et de la surprise, à tel point qu’il en eut un air parfaitement idiot durant un moment. Il ne savait pas ce qui l’avait le plus scié, qu’elle lui dise qu’elle et Potter avaient l’intention de témoigner positivement ou qu’elle voulait lui offrir une seconde chance. Eh, ouh ouh, Malefoy appelle Granger, elle recevait ?! Il avait été l’une des pires plaies pour elle pendant des années, elle n’avait quand même pas déjà oublié ?! Pas qu’il voulait absolument la reprise des hostilités, pas du tout, mais là, elle, elle ne, elle… Mais enfin ! Comment on pouvait changer aussi vite, au juste ?! Il ne comprenait pas, pas du tout, peu importe ce qu’il avait ou non, rien dans le tas ne justifiait un tel revirement de situation, de sa part, et il ne voyait pas non plus pourquoi elle témoignerait en leur faveur au tribunal. Lui aussi avait fait parti des rangs de Voldemort, c’était chez eux, au manoir, qu’elle avait été emprisonnée et torturée, c’était la propre tante de Drago qui l’avait tant fait hurler, presque tuée, alors… Pourquoi ? C’était illogique, la logique voudrait qu’elle le déteste ou le méprise. Comme Potter, d’ailleurs. Donc pourquoi ? Il referma enfin la bouche, une main serrée sur l’anse de son sac et l’autre pendante le long de son corps. Pourquoi ? Elle aurait aussi bien pu lui annoncer qu’elle abandonnait le monde sorcier pour devenir danseuse étoile qu’il en aurait été moins choqué.

– Le Professeur Rogue est un héros à qui nous devons beaucoup... J'étais là lorsqu'il a rendu son dernier souffle... On se retrouve parfois obligé de faire des choses, avec ce sentiment d'être prisonnier d'une situation à laquelle on aimerait échapper. N'oublie pas Dumbledore, s'il te plaît... Tu le détestais, mais il a veillé à ce que tu n'ai pas à commettre l'irréparable, en devenant comme ton père. Moi, je suis une née-moldue qui n'avait pas envie de bénéficier d'un passe-droit, qui estime qu'elle serait un bien mauvais juge si l'on remettait entre ses mains la vie de gens qui ont tenté de la tuer. Sur ce, je te souhaite le bonsoir et une bonne nuit. Il te reste une heure avant le couvre-feu...

« Rogue est un héros », cette phrase, venant de personne d’autre que Hermione-l’amie-du-décoiffé-et-née-moldue-et-anti-mangemorts fut le coup de grâce. Il resta hébété un instant puis se reprit comme s’il avait reçut une décharge électrique et se redressa brusquement. Avançant de quelques pas, il mit une main sur l’épaule de Granger en lançant un « Attends ! » puis la retira aussitôt, comme s’il était brûlé, en réalisant ce qu’il était en train de faire. Retenir celle qu’il avait insulté des années… Complètement perdu, il chercha un moment ses mots, voulant avant tout comprendre. Ça devenait un besoin presque maladif, cette fois-ci, alors pour une fois, il ferait mieux de s’asseoir pour de bon sur tout ce qu’il avait pensé ou pensait d’elle maintenant et se focaliser sur l’essentiel. Calme-toi… Il prit une longue inspiration en se frottant un peu les yeux, puis regarda Granger dans les siens, tout en s’obligeant à calmer l’affolement soudain de ses pensées. Cet exercice-là, il l’avait répété bien assez de fois pour le maîtriser.

– Je ne veux pas reprendre les hostilités avec toi ou qui que ce soit, commença-t-il en parvenant à retrouver son calme. Mais je ne comprends pas pourquoi toi ou Potter pourraient témoigner… Même si je ne servais que d’arme pour Vol… Pour Lui, j’étais quand même un mangemort, j’ai déjà dû… torturer des gens. Mais Dumbledore, il…

Drago dû s’interrompre un instant, la gorge un peu trop serrée pour continuer. Tout son être se révoltait contre l’idée de tuer quelqu’un, peu importe la cible, il ne pouvait juste pas. Les oreilles bourdonnantes, il pâlit un peu en repensant à cette scène horrible, à Dumbledore affaibli et épuisé, pourtant si serein encore, lui disant qu’il n’était pas un assassin. Puis ce murmure que Drago avait toujours vu comme une demande de pitié, face à Rogue, mais qui commençait à prendre un autre sens aujourd’hui. Le directeur devait sans doute savoir dès le début que Drago ne pourrait pas le tuer, jamais il n’aurait eu ces paroles, sinon. Mais alors pourquoi ne l’avoir pas dénoncé, pourquoi avoir laissé faire, pourquoi avoir autorisé ces tentatives ? Attendait-il qu’un autre se charge de la besogne avant que lui-même n’y arrive ? Voulait-il se laisser tuer ? Déjà qu’il était affaibli avec ce soit, sa main noircie et… Troublé, tout à coup, Drago repensa à ce qu’avait lancé Bellatrix avec joie, que le « vieil amoureux des moldus avait été touché par un sort de magie noir puissant ». Puissant, oui… Et mortel ? Serait-il mort, même sans l’intervention des mangemorts ? Il releva enfin la tête pour regarder Granger, de nouveau, la fixant comme s’il la voyait pour la première fois de sa vie.

– Comment peux-tu affirmer que Rogue est un héros ? Il a accompli certains actes dont je le suis redevable, mais il était un assassin, c’était acté. Un espion, légilimens et tout ce que tu veux. C’est lui qui a tué Dumbledore à ma place, il a essayé de m’aider, toute l’année ou de… Ma mère et lui avaient fait le Serment Inviolable, pour qu’il me protège. Je croyais que ce n’était que ça, puis ma mère m’a dit qu’il avait aussi juré de faire le « travail » à ma place si j’échouais. Tu-Sais-Qui ne m’a pas tué grâce à lui. Mais toi… De quoi peux-tu bien lui être redevable ?
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Re: Tirer un trait sur le passé ? [Hermione, Drago]

Message par Hermione J. Granger le Ven 3 Nov - 14:49

Il était faux de penser que la majeure partie de la population était raciste et partageait les idées des mangemorts. La majorité avait été prise en otage par une minorité, par un coup d'Etat et des faux-semblants. On leur avait tellement menti, en cherchant à les isoler, tout en essayant de semer la haine et la division entre les communautés, que le système s'était écroulé par la simple évocation du retour d'un maître dans l'art de la discorde et de la malveillance. Et bien-sûr, s'ils partageaient une responsabilité commune, certaines familles avaient été pointées du doigt, à juste titre, comme responsables de la corruption, du coup d'Etat et du commencement de la guerre. Un certain nombre s'était même enrichi sur le dos des victimes. Et en dix mois, il y en avait eues. Certains hauts responsables, fonctionnaires ou citoyens avaient collaborés à cette entreprise de mort, où les parents, les enfants, les voisins avaient été encouragés à dénoncer, à trahir leurs compatriotes.

L'existence du Ministère était de protéger ses citoyens, de faire respecter les articles du code international du secret magique, mais dès lors que celui-ci exigeait de ses citoyens de prouver qui ils étaient, d'établir des distinctions qui n'étaient basées sur aucun mérite et sur aucune compétence, celui-ci ne pouvait que se transformer en instrument du Mal, en une machine dénuée d'âme. Et Hermione s'était aperçue depuis longtemps que la Justice magique et l'éducation, les valeurs sociétales, avaient besoin de régulation, de raison. Pourtant, les gens n'étaient pas tous mauvais. Une centaine d'habitants de Pré-au-Lard avaient participé à la bataille finale, des fonctionnaires avaient résisté passivement, d'autres avaient risqués leurs vies pour en sauver d'autres. Mais la confiance du peuple était aujourd'hui ébranlée. Le traumatisme était profond, les gens se réveillait encore avec cette drôle impression.

L'état d'urgence avait permis de restaurer certains droits, tout en maintenant le pays quasiment sous la loi martiale. Le Ministère cherchait à empêcher les ennemis de l'Etat de fuir le pays, d'obtenir de l'aide et des moyens afin de térroriser la population. Hermione se doutait que sans cette victoire finale, elle aurait continuée à être traquée. Drago aurait été forcé de tenir son rôle, d'entrer de force au Ministère. Sans cette victoire Drago n'aurait pas été encouragé à changer. Mais allait-elle le croire, après tant d'années à se détester, après avoir vu les gens changer, après avoir assisté à des alliances et des trahisons improbables ? L'amitié entre Harry, Ron et elle avait été mise à l'épreuve. Ils avaient tous changés, tous étaient devenus des adultes. Lui dire qu'il était désolé cela n'aurait eu de valeur que s'il s'était montré sincère. Cela aurait peut être pu amorcer un renouveau, mais Drago ne cherchait-il pas des moyens d'épargner à sa famille les pires choses ?

Oui, on pouvait empêcher bien des choses à condition d'essayer. Peut être ne connaissait-il pas cette devise moldue : "les choses ne sont pas difficiles parce qu'elles le sont, mais parce que nous faisons en sorte de les rendre plus difficiles". Un monde ne se construisait pas avec les pessimistes et les lâches. Il fallait bien essayer... Perséverer, encourager, donner un sens à cette célébrité dont elle ne voulait pas et tenter de faire re sortir chez les gens ce qu'il y avait de meilleur en eux. Qu'aurait-il fait à sa place hormis abuser de sa position et de se pavaner ? Sans doute aurait-il continuer à martyriser les élèves avec Crabble et Goyle, comme un enfant pourri gâté. Son avenir aurait été tout tracé, il n'aurait guère eu d'occasion de se remettre en question, d'apprendre, d'évoluer, de se détacher de l'image du père. Hermione n'avait jamais rien abandonnée ni remis les choses en question sans raison. Elle perséverait en dépit de ses plus grandes craintes et cela exigeait plus que du courage. Elle était revenue parce que pour monter les échelons au Ministère, les ASPICS étaient une obligation, mais surtout parce qu'elle ne voulait pas s'entendre dire qu'elle avait eu des facilités.

Les idéologies pouvaient se combattre. Il suffisait de savoir s'y prendre, d'offrir aux gens un avenir. En dix mois, on avait essayé de faire renaître cette haine dans les coeurs ; une haine qui avait grandement chuté lors de la première défaite de Voldemort. Le sentiment passerait, mais il y aurait encore pour longtemps des gens qui refuseraient de changer, qui auraient peur de cet avenir bien moins sombre que ce qu'on leur avait montré. La plupart des gens rêvaient d'un monde meilleur, d'un avenir radieux pour leurs enfants. Cela n'avait pas été avec l'héritier de Serpentard qu'ils auraient pu l'obtenir. Toute l'importance de l'époque actuelle et l'énormité de la tâche qui incombait au Gouvernement provisoire était de changer le système, de tirer des leçons du passé et du présent, de ne pas marcher avec des oeillères. Les gens allaient avoir la douloureuse tâche de faire leur examen de conscience, ce qui ferait ou non la grandeur de leur époque ce serait sa manière de toucher ou non les esprits, de leur montrer que non, leur culture avait survécue face à la barbarie et que les possibilités étaient infinies.

– Sans doute mieux que tu ne penses. Tu n’entends pas les conversations, le soir, dans notre Salle Commune.

Elle avait marquée une pause pour réfléchir. En dehors de se plaindre et de maudire leur sort, y avait-il un espoir pour que la peur de représailles menée par des familles comme celles des Malefoy se soient envolées, qu'elle ait été remise en question ? La solidarité, oui, mais pour quelle finalité ? En dehors du cercle familial il n'y avait qu'à Poudlard et avec les amis que l'on avait une chance d'apprendre autre chose que de haïr son prochain ou de se laisser influencer par l'opinion parentale. Mais les professeurs eux-mêmes possédaient une influence qui, elle aussi, pouvait s'avérer dangereuse.

-"Les sorciers que nous sommes, comme les moldus autrefois, se sont montrés trop fiers et arrogants, mais aussi aveugles. Nos sociétés sont hypocrites, celle des sorciers est basée sur des privilèges et une loi du plus fort qui n'a plus de raison d'être, parce que l'on ne peut pas bâtir un monde meilleur, un Etat de droit si nous tolérons des discriminations, si nous laissons une minorité inciter la haine, en prônant la dictature ou l'anarchie dans leurs seuls intérêts. Les valeurs de Salazar sont mauvaises, elles lui ont valu de quitter cette école. Il n'était pas si différent de Grindelwald et de Jedusor, quoi que tu en penses... Tout comme je ne pense pas que Godric Gryffondor et les autres fondateurs étaient dénués de défauts. Mais voilà plus de mille ans que leurs enseignements perdure et au risque de susciter une deferlante de critiques je pense qu'il est temps de les adapter au monde moderne, à ce que nous avons appris..."

L'exemple le plus parlant était celui de la Bible. L'Eglise avait créer un nouveau testament afin de dissimuler les horreurs défendues à une certaine époque et qui n'était plus tolérable. Il ne s'agissait que d'élèves, mais les rivalités avaient la dent dure et on ne pouvait être sûr de rien. Si quelque-chose de grave se déroulait à Poudlard, les premiers à être montré du doigt seraient les individus comme Drago et les Serpentard. Ce serait ensuite la méfiance généralisée. Et puis, Hermione s'était éloignée un peu de lui, ne préférant pas trop poursuivre la conversation. La zone des cachots était l'un des endroits qui s'avérait les plus pénibles à traverser lorsque l'on était préfet et en pleine ronde. Il y faisait froid, surtout l'hiver, le tout était sombre ou bercer dans une ambiance claire-obscure, à l'odeur de moisie et d'humidité. On y croisait des cellules aux barreaux d'acier, avec ces fers et ces chaînes aux murs. Une drôle de manière d'éduquer des enfants, à la mode Victorienne. Au sixième étage, on avait un point de vue plus dégagé sur la lande environnante.

Drago était resté bouche-bée, lorsqu'elle lui déclara qu'elle avait l'intention de témoigner en sa faveur et qu'Harry comptait en faire de même. Hermione n'avait observée sa réaction que de biais, grâce à sa vision périphérique. Evidemment, si le Tribunal qui allait bientôt être constitué se basait sur celui de Nuremberg ou sur celui des tribunaux populaires, Malefoy risquait un emprisonnement au seul motif d'avoir appartenu à un groupe criminel. S'il se trouvait inculper, on lui reprocherait les mêmes chefs d'accusation que les autres. Tout ce qu'elle savait c'était qu'il les avait reconnus et qu'il n'avait rien dit. Sa tante avait beau l'avoir encouragée à l'observer sous la torture et à y participer, il n'avait rien fait. Tout ce qu'elle avait vu c'était un jeune homme appeuré, perdu, incapable de faire du mal.

– Attends ! Je ne veux pas reprendre les hostilités avec toi ou qui que ce soit. Mais je ne comprends pas pourquoi toi ou Potter pourraient témoigner… Même si je ne servais que d’arme pour Vol… Pour Lui, j’étais quand même un mangemort, j’ai déjà dû… torturer des gens. Mais Dumbledore, il… Sa voix s'était interrompue. Comment peux-tu affirmer que Rogue est un héros ? Il a accompli certains actes dont je le suis redevable, mais il était un assassin, c’était acté. Un espion, légilimens et tout ce que tu veux. C’est lui qui a tué Dumbledore à ma place, il a essayé de m’aider, toute l’année ou de… Ma mère et lui avaient fait le Serment Inviolable, pour qu’il me protège. Je croyais que ce n’était que ça, puis ma mère m’a dit qu’il avait aussi juré de faire le « travail » à ma place si j’échouais. Tu-Sais-Qui ne m’a pas tué grâce à lui. Mais toi… De quoi peux-tu bien lui être redevable ?

Hermione avait considéré ces propos, en regardant sa main s'éloigner de son épaule. Hélas, la confiance se méritait, elle ne s'offrait pas. Elle ne lui avouerait pas qu'elle éprouvait toujours des doutes quant à sa sincèrité ni certaines choses dont il valait mieux le maintenir dans l'ignorance. Peut être n'adoptait-il cette attitude que dans l'espoir qu'elle réagisse comme il l'espérait. Ou peut être pas...

-"Pour ta défense, je te suggère de bien réfléchir... Parce que je risque d'être appelée comme témoin et je ne compte pas mentir par rapport à ce qui s'est dit ici ou s'est passé chez toi. Je ne pourrais témoigner que de ce que j'ai vu, entendu ou subi. Alors, attention, si tu dois m'avouer qu'en réalité tu as bel et bien commis des crimes qui pourraient te valoir la prison à vie..."

C'était là ce qu'un témoin de la défense lui aurait conseillé fort à propos. La Justice du Magenmagot, avant sa chute, avait été bâtie sur le modèle inquisitoire. Autrement dit, face à eux on était coupable jusqu'à preuve du contraire et c'était à l'accusé, assisté ou non d'un témoin de la défense, de prouver son innocence. Une Justice du moyen-âge, très répréssive et corrompue, voilà le tableau de ce que celle-ci avait été jusqu'ici. On ne pouvait reconstruire ou bâtir dans l'hypocrisie, en encourageant la violence et les crimes. A l'heure actuelle, une partie de la population réclamait une mise à mort. Le rôle du Ministère et de hauts-fonctionnaires revenait, parfois, à ne pas écouter la vindicte publique, comme au Tribunal où ces avis ne devaient pas compter, mais dans les circonstances présentes, auraient-ils le choix ?

Elle l'avait observée en silence un instant.

"Tu étais influencable, Drago, mais pas au point de tuer ou de dénoncer. J'ai surtout vu un jeune homme pris de panique, au regard fuyant, observant la situation sans trouver d'échappatoire, parce que tu ne pouvais démissionner sans mourir. Voldemort s'est servi de toi parce qu'il voulait se venger de l'échec de ton père au département des mystères. Sa vengeance c'était de te tuer lorsqu'il aurait appris que tu avais échoué dans ta mission, pour mettre à genoux tes parents, se nourrir de certaines choses avant de les abattre..."

La suite était encore plus difficile à aborder. Elle avait cru Harry lui racontant ce qu'il avait vu dans la pensine. Hermione revoyait encore sa réaction lorsqu'elle avait appris toutes ces machinations, pourquoi les choses s'étaient passées ainsi. L'immense puzzle avait été reconstitué après qu'ils eurent anéantis ces horcruxes et défait le mage noir. La mine assombrie, elle réfléchissait à ce qu'elle pourrait bien lui dire. Un pardon de sa part lui ferait beaucoup de mal, mais aussi beaucoup de bien. Sauf qu'elle ne s'attendait à rien de tout cela.

"... Le Professeur Rogue était membre de l'Ordre. Il a menti et manipuler Jedusor aussi longtemps qu'il a pu afin de nous laisser la possibilité de le détruire et pour cela il a du se salir les mains. Sans ses sacrifices et ses actions, qui lui ont valu d'être haïs, aucun de nous ne serait en vie... Quant au fait qu'il fut un assassin, c'est vrai... Aucune des vies qu'il a sauvé ne pourra réparer toutes celles qu'il a ôté... Par contre, il y a un détail que nous ne savions pas : le professeur Dumbledore avait choisi sa mort et son assassin. Il pensait éviter une humiliation et parce qu'il se savait condamner. Tu te souviens de sa main, n'est-ce pas ? Le Professeur Rogue n'a agi que sur demande de Dumbledore, parce qu'il savait que l'on t'avait demandé de le tuer, que tu avais essayé d'apporter des moyens d'y parvenir à Poudlard. Il savait que la bouteille de poison qui avait touché Ron venait de toi, que tu viendrais ce soir là en haut de la tour d'astronomie... Et il te l'a dit, n'est-ce pas ? En choisissant son meurtrier, il s'assurait de voir son agent obtenir la confiance de notre pire ennemi, de choisir l'instant de sa mort et de te sauver, toi..."

Drago avait pali, suspendu aux lèvres de la Préfète. Ce qu'elle ne lui avait pas dit était en rapport avec la baguette de sureau et les reliques de la mort. Ce secret, Harry, Ron et Hermione l'emporteraient surement dans la tombe, un jour prochain. Mais en jouant à ce petit jeu, à savoir qui allait désarmer le Directeur de Poudlard, Albus avait scellé un peu plus la défaite de Lord Voldemort. Mais plus encore, il avait sauvé la vie de l'un de ses élèves, accomplissant ainsi sa fonction.

"Et tu veux savoir ce qui a motivé Rogue ? Le remord, la vengeance, la volonté de réparer ses torts. Tu étais le fils d'une amie, il ne voulait pas que tu prennes le même chemin que lui et celui de ton père... Il était amoureux de la mère de Harry, une née-moldue, mais elle est morte en partie à cause de lui. Il est devenu un agent de l'Ordre à ce moment là. Durant toutes ces années, il a du jouer avec les apparences pour protéger Harry. Il nous a tous dupés dans ce but. Et lorsque je réalise ce qu'il a fait, en dépit de ce qu'il m'a fait subir, oui, j'éprouve une étrange reconnaissance envers lui..."

Hermione ne s'attendait pas à ce qu'il comprenne. Il n'éprouvait de la reconnaissance que pour le Professeur Rogue - qui n'avait pas tué Dumbledore par gaité de coeur -  mais il ignorait qu'il avait été, comme d'autres, un pion. Lui plus que d'autres, mais que derrière tout cela il y avait eu une humanité, des sentiments, des motivations qui rendaient les choses différentes de la façon dont Voldemort s'était servi de ses fidèles et d'autres personnes. "Tu as les yeux de ta mère", avait dit Severus, en tutoyant Harry pour la seule et unique fois. Sur l'instant, elle n'avait pas compris. Aujourd'hui, ses paroles prenaient un tout autre sens...


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Re: Tirer un trait sur le passé ? [Hermione, Drago]

Message par Drago Malefoy le Lun 13 Nov - 14:00

– Pour ta défense, je te suggère de bien réfléchir... Parce que je risque d'être appelée comme témoin et je ne compte pas mentir par rapport à ce qui s'est dit ici ou s'est passé chez toi. Je ne pourrais témoigner que de ce que j'ai vu, entendu ou subi. Alors, attention, si tu dois m'avouer qu'en réalité tu as bel et bien commis des crimes qui pourraient te valoir la prison à vie…

– Je ne compte pas renier ce que j’ai fait à Rowle. Même si ce n’était pas par choix.

Reste de fierté ou juste dégoût de mentir encore à ce propos, envie de soulager au moins ça de sa mémoire, il ne savait pas trop, mais dans tous les cas, ce n’était pas un fait qu’il voudra cacher, même si cela pouvait contribuer à le faire condamner. Idiot et suicidaire ? Sans doute et ensuite ? Ce type était encore en vie, à Azkaban, en ce moment-même, il suffirait de lire sa mémoire pour savoir ce qu’il avait fait et subi, mentir sur ce point ne ferait que jouer en la défaveur de Drago. Il savait très bien comment allait se dérouler les prochains mois, les prochaines années, et Hermione lui rappelait tout à coup les grands discours que faisait parfois Dumbledore, sur l’importance de s’unir, de ne pas se laisser aller à l’envie de vengeance, de représailles ou il ne savait quoi encore. Tout cela, c’était bien beau, comme théorie, dans la réalité, ça ne tenait jamais ! Bien évidemment qu’il y aura des représailles ! La Justice était faite ainsi, ça ne changera pas en quelques semaines seulement, il faudra des années avant de revenir à un système plus sain, des années avant que ça ne change. Tel qu’il connaissait Granger, elle allait sûrement essayer, d’ailleurs, essayer de changer tout ça, après ses études, essayer de contribuer à son échelle, il en était convaincu. Il suffisait de la regarder pour s’en rendre compte. Elle comme d’autres, beaucoup d’autres, rendez-vous dans vingt ans pour vérifier si ça avait fonctionné ou non. D’ici là, inutile d’espérer quoi que ce soit. Au fond, Drago était toujours indécis. Son père avait fait de mauvais choix en suivant un mage noir mégalomane, mais quelles étaient les vraies parts de responsabilité ? Jamais Voldemort n’aurait pu accéder si vite et si facilement au pouvoir si le pourrissement n’était pas déjà là, bien ancré. On ne changeait pas une société toute entière aussi facilement.

Souvent, il s’était demandé comment Voldemort en était arrivé là, ce qu’il avait vécu et ressenti pour penser que cette voie était la meilleure, ce qui pouvait bien lui traverser l’esprit pour désirer obtenir tant de pouvoirs, à quel point l’ambition pouvait vous dévorer. Rogue lui avait fourni quelques éléments de réponse et il en avait trouvé d’autres à force de voir le mage noir sous son propre toit. Certains étudiaient la magie noire comme la magie blanche en imposant, pour les deux études, une distance de « sécurité », ce qui les aidait à rester très neutres et objectifs dans leur manière d’appréhender ces sujets et se les approprier. Et d’autres, plus particulièrement encore lorsqu’ils débutaient très jeunes, s’immergeaient tellement, sans freins, principes et limites, dans l’étude de la magie noire qu’ils y étaient mordus. Cette dernière les influençait, les happait, leur prenait la plupart des sentiments dits « bien humains » pour laisser place à un esprit froid, rigoureux, métallique. Granger lui lançait qu’il était influençable, ce qui n’était pas bien vu, de façon générale, néanmoins, Drago bénissait ce fait-là en cet instant. L’influence exercée par sa mère et certaines autres personnes connues de longue date l’avaient aidé à échapper à l’influence du Seigneur des Ténèbres.

– ... Le Professeur Rogue était membre de l'Ordre. Il a menti et manipulé Jedusor aussi longtemps qu'il a pu afin de nous laisser la possibilité de le détruire et pour cela il a dû se salir les mains. Sans ses sacrifices et ses actions, qui lui ont valu d'être haï, aucun de nous ne serait en vie... Quant au fait qu'il fut un assassin, c'est vrai... Aucune des vies qu'il a sauvé ne pourra réparer toutes celles qu'il a ôté... Par contre, il y a un détail que nous ne savions pas : le professeur Dumbledore avait choisi sa mort et son assassin. Il pensait éviter une humiliation et parce qu'il se savait condamné Tu te souviens de sa main, n'est-ce pas ? Le Professeur Rogue n'a agi que sur demande de Dumbledore, parce qu'il savait que l'on t'avait demandé de le tuer, que tu avais essayé d'apporter des moyens d'y parvenir à Poudlard. Il savait que la bouteille de poison qui avait touché Ron venait de toi, que tu viendrais ce soir là en haut de la tour d'astronomie... Et il te l'a dit, n'est-ce pas ? En choisissant son meurtrier, il s'assurait de voir son agent obtenir la confiance de notre pire ennemi, de choisir l'instant de sa mort et de te sauver, toi...

Drago avait de nouveau l’impression d’entendre sa tante s’écrier « On ne peut pas lui faire confiance ! »… Qui aurait cru qu’elle avait raison … ? Qui l’aurait écoutée ? Qui y aurait vu autre chose que de la jalousie ? Il avait la gorge incroyablement sèche, à présent, partagée entre la stupeur et le soulagement. Pourquoi le soulagement, car cette révélation mettait enfin un point final à tous les doutes qu’il avait déjà eu sur Rogue. Durant des années, et plus encore l’année dernière, il s’était demandé plsueiurs fois qui son professeur servait réellement. Il tuait, torturait, il protégeait et dissimulait, il se plaçait en avant puis reculait dans les ombres, il y avait toujours eu des détails, pourtant infimes, qui prêtaient à confusion, et surtout, LA grande question ! Pourquoi Dumbledore lui avait fait confiance ? Le jeuen homme se passa une main sur le front, puis dans les cheveux, les décoiffant largement au passage sans s’en soucier. Un espion… Jamais cela n’avait été si vrai. Drago ne savait pas très bien s’il devait en rire ou en pleurer, voilà bien un exemple de plus que personne, hormis Voldemort, n’était entièrement noir ni entièrement blanc. Il n’avait même pas répondu, à présent appuyé contre le mur et occupé à digérer cette information, tout le reste relégué au second plan. Ce n’était que maintenant qu’il comprenait vraiment les derniers mots de l’ancien directeur et son air, cet air… serein, confiant et presque triste, qu’il avait eu à la fin. Ce n’était donc pas une supplication mais une… demande. « Faites-le, ne m’abandonnez pas ». Il y avait une impression très étrange de se remémorer ces scènes d’un nouvel œil, comme si on trouvait soudainement comment imbriquer les pièces d’un puzzle après des années de galère.

– Et tu veux savoir ce qui a motivé Rogue ? Le remord, la vengeance, la volonté de réparer ses torts. Tu étais le fils d'une amie, il ne voulait pas que tu prennes le même chemin que lui et celui de ton père... Il était amoureux de la mère de Harry, une née-moldue, mais elle est morte en partie à cause de lui. Il est devenu un agent de l'Ordre à ce moment là. Durant toutes ces années, il a dû jouer avec les apparences pour protéger Harry. Il nous a tous dupés dans ce but. Et lorsque je réalise ce qu'il a fait, en dépit de ce qu'il m'a fait subir, oui, j'éprouve une étrange reconnaissance envers lui...

Imaginer Rogue amoureux était déjà très bizarre mais imaginer qu’il avait été amoureux de la mère de Potter ! Mais enfin, il avait toujours détesté le binoclard ! Ce n’était un secret pour personne, il l’avait rabaissé dès le premier jour, il n’aurait jamais fait ça s’il avait aimé sa mère. A moins que, justement, cela avait été dans le but de cacher ce fait, que jamais qui que ce soit ne puisse seulement soupçonner cet amour. Drago se sentait sonné, tout s’écroulait une fois de plus, tous les repères qu’il avait cru si solides jusqu’ici. Il se redressa un peu en retenant de justesse un gros soupir, jetant un regard à Granger. Pour lui, il y avait très peu de chances que Rogue apprécie qu’on raconte ainsi son passé ou ses motivations à quiconque n’était pas obligé de le savoir, il était tellement renfermé, Drago croyait même qu’il avait été finalement soulagé de partir en emportant tout ça dans la tombe. Il était ardu de réaliser ce qu’il avait fait, vraiment fait, Drago n’entrevoyait qu’à peine la solitude qu’il avait dû supporter. N’importe qui en serait devenu fou… Lui aussi le serait sans doute devenu s’il n’avait pas le soutien de l’occlumancie, s’il n’avait pas compartimenté ses émotions, les contrôler d’une main de fer.

– Voilà qui explique… certaines choses. Et dire que l’autre folle avait raison, finalement.

Le ton avait glissé vers l’ironie, sur la fin de sa phrase, sa « très chère » pauvre cinglée tante psychopathe avait été la seule clairvoyante, à travers la haine et la jalousie, pour voir au travers du jeu de Rogue. Elle l’avait toujours désigné comme un traître retourné en faveur de Dumbledore, toujours vu comme « trop parfait mangemort » pour que ça ne cache rien. Drago grimaça légèrement puis se releva, avançant un peu puis hésitant, au moment de partir. Devait-il lui dire ou se taire ? Elle n’allait sûrement pas le croire ou lui dire qu’il se fichait d’elle, mais au moins, il ne gardera plus ça sous silence. Il tourna la tête vers elle en cherchant ses mots, sans voir comment en pas être trop cru ou trop direct. Personne d’autre ne pourrait le faire, de toute façon ! Son père allait finir en prison. Sa mère gardait toujours ses principes. Bellatrix était morte et c’était très bien ainsi. Il ne restait plus que lui pour en parler.

– Personne d’autre de ma famille ne le pensera ainsi mais je te le dis, désolé pour ce qu’elle t’a fait. Tu peux croire que c’est pour « me racheter » ou je ne sais quoi, peu importe, prends-le comme tu le veux. Je devais juste te le dire… Il y a une différence entre nos conflits d’étudiants et la torture réelle. On se déteste peut-être, mais je ne t’ai jamais haïe au point de vouloir te torturer ou te regarder mourir.

Ni qui que ce soit, dans ce monde. Il détourna le regard ensuite, remettant correctement son sac sur ses épaules pour partir vers les cachots. C’était dit, voilà… Elle pouvait ne pas le croire, au moins il lui avait dit.
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Drago Malefoy
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Re: Tirer un trait sur le passé ? [Hermione, Drago]

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